Recensement de la vidéosurveillance dans l’espace public français

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur en 2010, la France comptait 400 000 caméras de vidéosurveillance autorisées, dont 30 000 installées dans l’espace public.

Financement et développement

En 2009, l’État a participé au financement de l’installation de caméras municipales à hauteur de 30 millions d’euros, avec l’ambition d’atteindre 60 000 caméras l’année suivante. La capitale comptait 293 caméras fin 2010, et un projet prévoyait l’installation de 1 302 dispositifs supplémentaires. Du côté de la SNCF, 14 400 caméras étaient déployées (8 100 dans les trains, 6 300 dans les gares), avec un objectif de 25 000 caméras sur trois ans moyennant un investissement de 10 millions d’euros.

Chiffres actualisés pour 2026

Le déploiement s’est considérablement accéléré depuis 2010. Un rapport parlementaire de 2023 recensait 90 000 caméras de surveillance sur la voie publique contrôlées par la police ou la gendarmerie, contre 60 000 en 2013. Si l’on inclut l’ensemble des caméras installées dans les commerces, banques, parkings et autres lieux publics, le territoire français approche du million de caméras déployées, avec environ 935 000 unités recensées.

Paris et sa région comptabilisent à elles seules près de 35 000 caméras dédiées à la surveillance urbaine. D’autres grandes villes poursuivent leur équipement : Marseille devrait dépasser les 2 000 caméras fin 2025, avec 300 installations supplémentaires prévues entre 2026 et 2027, tandis que Lyon prévoit d’atteindre 631 caméras fixes d’ici 2026 avec un investissement de 962 000 euros. Plus de 6 000 communes sont équipées de caméras reliées à un centre de surveillance urbain, contre moins de 2 000 en 2014.

L’évolution technologique marque également cette période avec l’émergence des caméras « intelligentes » ou « augmentées » dotées d’intelligence artificielle, permettant l’analyse automatique des images en temps réel.

Critiques et évolution des usages

L’efficacité de cette surveillance fait l’objet de nombreuses critiques et demeure peu convaincante, malgré les importants fonds publics investis. Initialement destinée à surveiller des lieux sensibles, la vidéosurveillance s’étend désormais à d’autres domaines : contrôle des incivilités, sécurisation de zones commerciales, etc.

Objectif du recensement

Ce recensement des caméras dans l’espace public vise à illustrer l’étendue de ce dispositif sécuritaire. Il s’enrichit grâce aux contributions participatives.

Cartes disponibles

Plusieurs outils cartographiques sont proposés pour visualiser les données issues d’OpenStreetMap et de BugBrother, permettant de localiser précisément les caméras ou d’identifier les communes équipées. L’ensemble des données est accessible sous licence Creative Commons CC-BY-SA 2.0.

Pascal

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